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Audit énergétique 2026 : qui doit le faire pour vendre ?

L’équipe Senspace5 min de lecture

Qui est concerné par l’audit énergétique obligatoire en 2026 ?

L’audit énergétique obligatoire concerne, en 2026, tout propriétaire vendant une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété (un bâtiment appartenant à un seul propriétaire, même divisé en plusieurs logements) classé F, G ou E au DPE. Les appartements vendus seuls en copropriété ne sont pas soumis à cette obligation, seul le DPE reste exigé dans ce cas. Cette règle, issue de la loi Climat et Résilience, vise les passoires thermiques et les logements énergivores identifiés comme prioritaires pour la rénovation. Un propriétaire vendeur d’un bien classé E depuis le 1er janvier 2025 doit donc fournir cet audit dès la mise en vente, en plus du DPE classique.

Quel est le calendrier d’extension de l’obligation d’audit énergétique ?

Le calendrier réglementaire s’est construit progressivement depuis 2023. L’audit énergétique est devenu obligatoire pour les logements classés F et G à partir du 1er avril 2023, puis pour la classe E à compter du 1er janvier 2025. Selon les textes actuels, une nouvelle étape est prévue pour les logements classés D au 1er janvier 2034, ce qui laisse un délai important aux propriétaires concernés. En 2026, ce sont donc les trois classes F, G et E qui sont pleinement soumises à l’obligation lors de chaque vente, ce qui explique la persistance des interrogations chez les vendeurs de biens classés E, une catégorie encore mal identifiée par de nombreux particuliers.

Que contient l’audit énergétique et en quoi diffère-t-il du DPE ?

L’audit énergétique est un document plus complet que le DPE (diagnostic de performance énergétique), qui se limite à une note globale et une estimation de consommation. L’audit énergétique propose, en plus du constat, au moins deux scénarios de travaux chiffrés permettant d’atteindre une meilleure classe énergétique, avec une estimation des coûts et des aides mobilisables comme MaPrimeRénov’. Il s’appuie sur les mêmes données d’entrée que le DPE (surfaces, matériaux, équipements déclarés), ce qui explique qu’il en reprenne aussi certaines limites méthodologiques. Le dispositif MaPrimeRénov’ 2026, rouvert le 23 février 2026, conditionne d’ailleurs le forfait rénovation d’ampleur à un gain d’au moins deux classes DPE pour les logements F, E, F ou G, rendant l’audit encore plus stratégique pour les vendeurs.

Pourquoi le DPE classique est-il souvent contesté ?

Le DPE classique est régulièrement critiqué pour son écart avec la consommation réelle observée dans les logements. Selon une étude Hello Watt, 71 % des DPE analysés seraient contredits par les factures réelles des occupants, un écart qui s’explique par le caractère théorique du calcul, basé sur des hypothèses standardisées de température de consigne, d’occupation et de météo. Une étude Pouget Consultants menée avec IGNES a par ailleurs montré que le volet confort d’été du DPE serait erroné dans environ 26 % des cas, faute de prise en compte fine de l’exposition solaire réelle ou de l’inertie du bâtiment. Ces écarts pèsent directement sur la fiabilité des scénarios de travaux proposés par l’audit énergétique, puisqu’ils reposent sur le même socle de calcul conventionnel.

Comment la mesure in-situ complète-t-elle l’audit énergétique ?

La mesure in-situ consiste à poser des capteurs de température, d’humidité et de CO2 directement dans le logement occupé, pendant une durée de un à quatre mois, avec de premiers résultats disponibles dès deux semaines. Cette approche, encadrée par des méthodes proches de la norme ISO 9869 pour la mesure des performances thermiques réelles, permet de vérifier concrètement si les hypothèses de l’audit énergétique correspondent au comportement réel du bâtiment. Elle alimente un jumeau thermique calibré du logement, utile pour situer le bien par rapport aux seuils de confort d’été de la RE2020 (350 et 1250 degrés-heures, notés DH26 et DH28). Un vendeur peut ainsi objectiver les scénarios de travaux avant de les présenter à un acheteur, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des valeurs conventionnelles.

Quelles conséquences financières pour un logement classé E ou F en 2026 ?

Un logement mal classé subit une décote mesurable au moment de la vente. Selon l’observatoire de la valeur verte des Notaires de France, chaque classe DPE en moins représente en moyenne une décote de l’ordre de 8 % sur le prix de vente, un écart qui peut atteindre environ 25 % entre une classe G et une classe D pour un bien comparable. L’arrêté du 13 août 2025, qui relève le coefficient de conversion de l’électricité du DPE à 1,9 au 1er janvier 2026, peut par ailleurs faire basculer certains logements chauffés à l’électricité vers une classe moins favorable, sans changement réel de leur consommation. Cette évolution renforce l’intérêt de disposer de données mesurées pour discuter du classement avec un acheteur ou un diagnostiqueur.

Que change le plan Endurance pour les propriétaires en 2026 ?

Le plan Endurance, présenté par le ministère du Logement le 17 juin 2026, vise à sécuriser le calendrier de rénovation énergétique face aux critiques sur la fiabilité des diagnostics et sur le rythme d’extension des obligations. Il maintient le principe d’un audit énergétique obligatoire pour les classes F, G et E, tout en cherchant à mieux articuler les aides MaPrimeRénov’ avec les scénarios de travaux proposés. Pour un propriétaire vendeur, l’enjeu reste le même : disposer d’un diagnostic crédible, capable de résister à la négociation avec un acheteur informé, ce qui suppose souvent de confronter les hypothèses théoriques de l’audit à des données réellement observées dans le logement avant la mise en vente.

Questions fréquentes

L'audit énergétique est-il obligatoire pour un appartement en copropriété ?

Non, pas directement. L'obligation d'audit énergétique à la vente ne s'applique qu'aux maisons individuelles et aux immeubles en monopropriété (un seul propriétaire pour tout le bâtiment). Un appartement vendu seul dans une copropriété n'est pas soumis à cette obligation, même s'il est classé F ou G.

Combien coûte un audit énergétique réglementaire ?

Le coût d'un audit énergétique se situe généralement entre 500 et 1000 euros selon la surface et la complexité du bâtiment, un montant à la charge du vendeur. Ce tarif s'ajoute à celui du DPE, qui reste obligatoire séparément pour toute vente ou location.

Que se passe-t-il si le vendeur ne fournit pas l'audit énergétique ?

L'absence d'audit énergétique quand il est obligatoire peut engager la responsabilité du vendeur et fragiliser la vente en cas de litige avec l'acheteur, notamment sur la base d'un vice caché ou d'un défaut d'information. Le notaire peut aussi refuser de finaliser l'acte tant que le dossier de diagnostics n'est pas complet.

L'audit énergétique remplace-t-il le DPE ?

Non, l'audit énergétique s'ajoute au DPE et ne le remplace pas. Le DPE reste obligatoire pour toute vente ou location, tandis que l'audit énergétique n'est exigé que pour les logements classés E, F ou G vendus en maison individuelle ou en monopropriété, avec des scénarios de travaux détaillés.

Sources

  1. Ministère de la Transition écologique — audit énergétique
  2. Service-Public.fr — diagnostics immobiliers et audit énergétique
  3. France Rénov' — aides et obligations réglementaires
  4. Hello Watt — étude sur la fiabilité du DPE
  5. Notaires de France — observatoire de la valeur verte
  6. ADEME — rénovation énergétique des logements
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